Depuis 2006, nos échanges au sein de la chaire ont abouti au constat que pour accompagner de façon efficace un changement de pratiques, l’outil informatique présentait essentiellement deux avantages :

Tout d’abord, un des principaux reproches à l’encontre de la TRIZ était de dénoncer son manque de clarté, son flou, le fait que la justesse de sa mise en pratique ne dépends que du fait d’être expert.Informatiser un processus, c’est le désambiguïser. L’obligation algorithmique sous-jacente à la construction d’un logiciel est donc de nature à faire taire ce type de reproches. On ne peut pas accuser quelque chose de logique (un logiciel) d’être une chose ambiguë.

Le second avantage, c’est qu’à l’heure de la génération Z, l’outil informatique est probablement le médiateur qui manquait à notre démarche pour être pratiquée en masse et plus s’imposer comme un standard de conduite des projets de rupture.

En empruntant cette voie, nous avons alors découvert l’ampleur de la tâche : aucun outil formel de conduite des activités inventives n’existe, aucune source de nature à simplifier la tâche n’existe. Et la TRIZ présente de nombreuses zones floues qu’i va falloir étudier une à une. Bref, il allait falloir démarrer d’une feuille blanche et tout écrire.

Le premier projet s’intitule TRIZAcquisition.

Initié par des stagiaires, puis pris en charge à plein temps par Simon Fuhlhaber, ce projet aura posé la première pierre de l’édifice. Une succession d’onglets, puis de sous-onglets, pour conduire le processus d’enchainement structuré d’usage des outils et méthodes de la TRIZ.
Dès les premiers tests sur des cas réels, nous constatons qu’un projet industriel dans lequel la TRIZ est pressentie comme potentiellement utile est souvent, mal posé, mal exposé, et surtout compris de façon différentes par les différentes composantes de l’entreprises impliquée dans le projet. Il faut aller au-delà de l’opérationnalisation des outils de la TRIZ et gérer les aspects complexes d’une problématique projet. La combinaison de travaux existants sur ce sujet, théorie de Graphes, OTSM, ont fait naître cette nouvelle phase préliminaire que constitue le Graphe de problèmes.

La seconde phase porte l’acronyme STEPS (pour Systematic Tool for Efficient Problem Solving)

Avec très rapidement une version complète qui concatène le graphe de problème avec le reste du processus. Sur quelques années, STEPS se professionnalise par l’investissement de Simon Fuhlhaber. Son projet de Start-up en coopération avec l’INSA et avec l’accord du consortium voit le jour en 2012. La SAS Time-to-Innovate est née et le logiciel STEPS passe en version commerciale.
La Troisième phase et la divergence STEPS (commercial) et STEPS (Recherche)
Indépendamment de l’évolution commerciale de STEPS qui allait devoir obéir à une logique de marché, le consortium devient la Chaire Industrielle en Conception Inventive et se concentre sur une version « Recherche » de STEPS qui allait pouvoir béta-tester de nouvelles fonctionnalités à l’avant-garde des attentes des équipes projet. La logique est alors d’offrir aux membres donateurs la primeur des tests logiciels, de recueillir leur avis sur ces fonctions (voire de les proposer eux-mêmes) et de les amener à maturité.

Le web2.0 explose et les logiques de développement web s’imposent à STEPS

A partir de 2012, Les mois passent et il ne se passe pas un trimestre sans que l’internet ne se révolutionne dans sa façon d’être consommé par les professionnels. Les business models changent, les languages de programmation et les logiques de développement à la mode un jour le sont moins le lendemain. Time-to-Innovate ne réussit pas à surfer sur ces modes et le suivre fautes d’investisseurs, de moyens et de personnels pour que STEPS se réinvente. Le constat également que la gestation pour une entreprise d’en arriver à opter pour un outil et le déployer est terriblement long, beaucoup trop pour qu’un outil aussi complexe et de niche que l’est STEPS ne survive sans se réinventer.
Pour ce qui concerne STEPS-Recherche, la vocation n’étant pas commerciale, inventer de nouvelles fonctionnalités et les béta-tester reste toujours logique et produit les effets attendus : certaines fonctionnalités s’avèrent indispensable à la conduite robuste d’une activité inventive en projet. STEPS Recherche intègre pour la première fois un résultat de thèse, la thèse d’Achille Souili et permet l’extraction de données depuis des corpus de textes de brevets.

PICC prend le relai de STEPS suite à la prise de contrôle de Time-to-Innovate par ExelOp

2015 siffle la fin de STEPS qui au fil des mois qui vont suivre verra émerger PICC (Personal Innovation Competence Center) beaucoup plus en phase avec les développements et les frameworks à la mode et suivi par une stratégie commerciale plus ambitieuse impulsée par ExelOp. Du côté de la Chaire, nous prenons conscience de la nécessité de plus investir dans l’initiation des personnes en logique de projet et des sessions F2 (14 heures d’initiation) en plus d’action d’expertises sur des études pour mieux évaluer l’impact des outils sur les projets sont conduites. Nous identifions alors plusieurs pistes qui seront une à une creusées :
Nécessité de mieux monitorer et évaluer les fluctuations de l’inventivité des projets par un système de mesure nouveau, fondé en théorie (Thèse d’Ali Tahéri)
Nécessité de rendre plus scientifiquement crédible les concepts de solution en estimant leur degré de crédibilité par le pré-calcul 2D (Thèse de Thongchai Chinghatham)
Nécessité de simplifier l’accès, l’usage et la navigation entre les bases de la TRIZ en automatisant les liens problème-solutions (Thèse de Wei Yan)
Nécessité de combiner la puissance inventive des outils de TRIZ avec des bases d’exemples plus actuelles et plus régulièrement mises à jour (Travaux de l’INSA sur la base d’exemples Scoopit).
Autant de pistes exploratoires qui additionnée à celle de l’extraction de données depuis les textes donneront lieu à des démonstrateurs recherche désormais tous proposés en béta-test aux industriels partenaires de la chaire.
Désormais, chaque travail de l’équipe Conception Inventive de CSIP (Axe 1) et ses membres impliqués dans la chaire est transformé en un démonstrateur recherche et proposé via ce site aux membres donateurs.

FINDER : un environnement qui encapsule avec logique certaines des recherches de notre équipe.

FINDER (Framework for INventive Design Research) arrive désormais en remplacement de STEPS Recherche tout en prenant un chemin différent. Alors que STEPS Recherche était un clone instable de STEPS commercial dopé par des fonctionnalités prototypes, FINDER a été repensé totalement et part d’un framework ambitieux vanté par Google et ne se concentre uniquement que sur les aspects recherche en Conception Inventive. Les aspects gestion de projet d’innovation sont désormais propulsés par PICC qui devient un standard de mise en œuvre de la conception Inventive mais emprunte un chemin commercial qui va dépendre des attentes de ses utilisateurs, alors que Finder reste un laboratoire à proposition de recherches abouties suffisamment fonctionnel pour faire l’objet d’expérimentations.