Tout changement de paradigme s’accompagne d’une nécessaire formation des acteurs de ce changement. Dans le contexte de la chaire, nous sommes face au basculement entre l’ère de la qualité et l’ère de l’innovation. Si le fondamentaux de la qualité sont largement enseignés dans les écoles, ce qui concerne l’innovation n’est est qu’aux balbutiements. L’Innovation peine à se trouver une définition qui fasse consensus, non pas que certains organismes n’aient tenté l’exercice, mais l’OCDE ou l’institut Montaigne n’ont pas le pouvoir d’influence des médias traditionnels et de l’internet réunis. Le mot clé Innovation n’est pas l’apanage des experts qui l’ont porté vers la société, la société s’en est emparé et rien n’arrêtera les exercices quotidiens de redéfinition ou d’interprétation du terme par les politiques, les managers ou les particuliers de toutes origines sociales.

Le lecteur de ces pages aura remarqué que nous n’invoquons qu’assez peu l’innovation. Nous sommes avant tout une école d’ingénieurs dont l’originalité prend racine dans les recherches que ses équipes mènent au fil des décennies. C’est donc plus le terme d’invention qui nous caractérise, et la dimension inventive au sein d’un pipeline plus large que serait l’innovation nous rassure plus quant à nos chances de faire aboutir nos recherches dans des temps raisonnables.

Coté enseignement, orchestrer les pratiques de la conception inventive doit faire face à 3 besoins :

  • Des besoins de découverte de nos outils, de nos méthodes, nous parlerons alors d’initiation.
  • Des besoins de formation à nos outils et nos méthodes, nous parlerons alors de formation.
  • Des besoins de formation de l’expertise dans l’usage de nos outils et nos méthodes, nous parlerons alors d’expertise.

L’initiation concerne tout le monde, du technicien au dirigeant. L’ensemble de la chaîne décisionnelle de l’entreprise susceptible d’influer dans l’usage des outils liés à l’invention, que ce soit sous l’angle stratégique, organisationnel, décisionnel ou technique est concerné par ce niveau. Nous y présentons notre glossaire, nous positionnons notre activité, nous présentons nos outils et invitons les participants à s’y essayer. 2 journées de 7 heures sont nécessaires, sorte de passage obligé pour aller plus loin. Mais également, ceux qui souhaitent en rester là deviennent de fait des alliés dans un éventuel déploiement. Ils sauront repérer les activités internes qui relèvent de nos outils et en devenir des ambassadeurs vers les experts de niveau plus élevé.

La formation concerne ceux qui sont amenés un jour à faire usage de nos outils en autonomie, sans l’aide d’un expert. Il faut pour cela passer un peu plus de temps avec les personnes concernées de manière à parvenir à une autonomie suffisante. Entrer dans une logique de traitement d’un cas réel et apprendre au contact d’un expert qui déroule la méthodologie et présente les différents cas situationnels pouvant se présenter lors de projets. Ces personnes seront amenées à repérer et conduire des études internes et constituerons des ressources importantes pour une entreprise qui souhaite systématiser les études inventives dans leurs pratiques internes.

L’expertise franchi un cap supplémentaire puisqu’elle ambitionne former des cadres capables de coordonner les pratiques associées à la Conception Inventive dans leur entreprise. Pour construire les compétences de ce type de profil, outre le niveau formation qui sera un prérequis, il faudra avoir suivi au moins une étude aux côtés d’un expert, puis en avoir conduit une en autonomie et présenté ses résultats devant un jury d’experts. Bien entendu, l’ensemble de nos outils devra être maitrisé et leur usage dans un contexte professionnel également.